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Séance 3 créer votre kukai, écrire à plusieurs

  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture

La série de l'été : des ateliers d'écriture pour écrire chez soi - 100% haïku
















Avant de commencer


Le haïku est un poème bref d’origine japonaise. Dans sa forme classique, il s’écrit en trois vers et suit un rythme de 5, 7 puis 5 syllabes. Il comporte souvent un kigo, un mot qui évoque la saison.


Le haïku cherche à saisir un instant, une sensation, c’est comme faire une photographie littéraire.


Traditionnellement, il repose aussi sur une forme de coupure ou de bascule entre deux images, deux perceptions, parfois deux réalités opposées. C’est dans cet écart que quelque chose peut surgir chez le lecteur.


Pratiquons le haïku !


Au fil de ces quatre séances, je vous proposerai de vous initier à cet art. Vous pourrez respecter la forme stricte des 5-7-5 syllabes, ou choisir une écriture plus libre, plus proche du haïku contemporain : trois vers courts, quelques mots seulement.


Pour en savoir plus sur le haïku


Je vous laisse découvrir les livres de Pascal Senk dont L’effet Haïku idéal pour commencer.


Troisième séance : Créer votre kukai - écrire à plusieurs



Après avoir écrit seul·e, je vous invite cette semaine à écrire en groupe.


Au Japon, un kukaï est une rencontre de personnes qui écrivent des haïkus autour d'un même thème. Les textes sont ensuite lus anonymement, partagés, parfois même votés. Ce qui compte n'est pas de désigner un vainqueur, mais de découvrir combien un même paysage, un même mot ou un même instant peut donner naissance à des poèmes différents.


Aujourd'hui, je vous propose de créer votre propre kukaï.






Invitez un proche (enfants, voisins, ami·es, collègues…). Deux personnes suffisent, trois ou quatre c'est encore mieux.


Vous allez réaliser toutes les consignes ensemble - parfois chacun·e sur son cahier, parfois ensemble, dans un quatre mains.


1. L'atelier des prénoms (sur une idée de Mélanie Blanc à retrouver dans son livre L'initiale)


Pensez chacun·e à un prénom.


Il peut s'agir d'une personne présente, imaginaire, célèbre, disparue, d'un amour, d'un enfant, d'un aïeul, etc. Gardez ce prénom secret pendant toute la durée de l'exercice.


Écrivez chacun·e un haïku inspiré par cette personne, sans jamais la nommer dans le poème.


Lorsque vous avez terminé, ajoutez simplement, sous les trois vers :


— Louise

ou

— Karim

ou

— Mamie


Le prénom devient la dédicace du haïku.


Voici un exemple extrait du livre de Mélanie Blanc :






Recommencez autant de fois que vous voulez avec d'autres prénoms. Parfois, donnez-vous des prénoms en commun.


Lisez ensuite vos créations à voix haute. Si vous le souhaitez, vous pourrez raconter pourquoi vous avez choisi ce prénom… ou garder le mystère.














2. Senryu de famille


Le senryu est un cousin du haïku. Même brièveté. Mais il regarde moins la nature que les êtres humains, souvent avec humour, tendresse ou autodérision. D'ailleurs l'usage de l'argot est souvent approprié dans un senryu.


Chaque participant note sur un petit papier trois expressions qu'il utilise souvent ou un mot d'argot qu'il affectionne.


Par exemple :

  • Grave.

  • Carrément.

  • Carré.

  • Frérot.

  • Laisse tomber.


Mélangez les papiers.


Chacun en pioche un au hasard.


Mission : écrire un senryu contenant l'une des trois expressions.


Lisez ensuite les textes à voix haute et amusez-vous à deviner à qui appartient l'expression.


3. Le haïku tressé



Chaque participant écrit uniquement le premier vers d'un haïku. Pliez la feuille. Passez-la à votre voisin. Celui-ci écrit le deuxième vers sans connaître la suite. Pliez à nouveau. Passez une dernière fois. Le troisième participant écrit le dernier vers.


Dépliez les feuilles. Découvrez les haïkus nés de vos écritures mêlées. Comme un cadavre exquis, mais en trois vers.


NB : Vous pouvez choisir un thème, un paysage, un mot pour guider l'écriture.


4. Le vrai kukaï


Choisissez le thème de votre kukaï.


Par exemple : Le vent. Les vacances. Le café. Les fenêtres. Les oiseaux. Les chaussettes. La pluie. Le silence.


Prenez dix minutes pour écrire un haïku chacun de votre côté sur le thème.


Recopiez ensuite vos textes sur des feuilles sans signer.


Mélangez-les. Lisez-les lentement, un par un. Lisez-les deux fois.


Chacun choisit le haïku qui l'a le plus touché. Non pas le plus "réussi", mais celui qui continue à résonner quelques secondes après sa lecture.


Enfin, révélez les auteurs.


Le kukaï est terminé.


5. Clôture — Je te souhaite…


Pour terminer cette rencontre, choisissez une personne du groupe.


Écrivez un dernier haïku qui lui est destiné.


Le premier vers commencera obligatoirement par :

Je te souhaite…


Laissez ensuite venir les deux autres vers. N'offrez ni conseil, ni solution, ni compliment. Offrez un souhait.


Lorsque tout le monde a terminé, chacun lit son haïku avant de l'offrir à la personne concernée.



Le kukaï s'achève ainsi par un échange de poèmes.


Parce qu'un haïku est le plus grand des petits cadeaux.


Partageons


Vous pouvez partager vos créations en commentaire sur le post Instagram de la séance.


Je vous donne rendez-vous jeudi prochain pour la dernière séance : Haïkurizon.


A découvrir


Pour découvrir d’autres consignes, je vous invite à regarder mes e-books :

Pour découvrir la thérapie par l’écriture, c’est par ici :

Pour découvrir mon livre paru en 2025 :

Pour découvrir les formations et les espaces de supervisions que je propose :





La série de l'été de l'année dernière :









Actualités de la rentrée :


Je donne une formation chez La Plume Académie : https://plume-academie.com/animer-ateliers-d-ecriture


Mon livre sur la boxe-thérapie sortira le 24 septembre chez Erès : https://www.editions-eres.com/ouvrage/5603/la-boxe-comme-mediation-therapeutique 


 

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