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172 résultats trouvés avec une recherche vide

  • Drama-boxe, boxe-théâtre, les émotions

    Ce matin, dans les consultations de boxe-thérapie, place à la Drama-Boxe 🥊🎭 Un mélange de dramathérapie (théâtre) et de boxe-therapie pour explorer les émotions dans le mouvement et leur transformation dans l’espace boxe. Les émotions deviennent des personnages qu’on incarne sur le ring, les gestes de boxe leur langage, ouvrant une dynamique expérientielle, créative et transformatrice. Imaginaire, mouvement et sensorialité au cœur de l’expérience. Merci aux 5 femmes qui se sont emparées de cette proposition thérapeutique. Des ateliers collectifs de drama-boxe ou boxe-théâtre sont en cours d’élaboration en co-animation. Hâte 😋

  • Écrire avec Alice aux pays des merveilles

    Des consignes d'écriture introspectives et créatives Je suis heureuse de vous annoncer la parution de ma nouvelle contribution dans La Machine à écrire – Hors-série, mars 2026 🖋️ 🐇 Écrire avec Alice au pays des merveilles Et si écrire, c’était accepter de suivre le lapin blanc ? À travers six consignes d’écriture inspirées de l’univers de Lewis Carroll, j’explore l’écriture comme un espace de jeu, de miroir et d’introspection, où l’imaginaire ouvre des passages. Fantaisie, onirisme et déplacement du regard sont au cœur de cette proposition, pensée comme une invitation à se laisser surprendre par les mots. 📖 Merci à La Machine à écrire pour sa confiance.

  • Écrire le deuil avec les cartes Hewel

    Des cartes pour écrire le deuil : le fil et le chemin Au fil des mots Nous avons commencé l'atelier Ardoise accompagnement du deuil par une météo du jour avec les cartes Le fil de chez Hewel. Sur ce jeu magnifique, des personnages sont représentés au milieu d’un fil de pelote de laine dans des postures qui les montrent soit en difficulté, soit utilisant la laine pour faire une action. La consigne était la suivante : choisir une carte qui montre comment vous vous sentez et ajouter un titre. Puis écrire un texte pour expliquer pourquoi cette carte vous parle. Des titres évocateurs Voici les titres proposé par les participantes : Démêler la pelote / Colère et écriture / Continuer de vivre / retricoter son existence / Assise sur le fil du temps / Tiraillement / Deux bouts – debout / Surfer sur les vagues / A la recherche de la pièce manquante / Les dents de scie. A chacune son chemin La consigne : Écrire d’où vient le personnage et où il va, en utilisant le « je », ou le « il ». Les textes étaient magnifiques. Création d'une carte pour écrire un haïku Dernière consigne créative : réaliser une carte à partir de papier japonais et écrire un haïku. J'ai proposé une consigne un peu spéciale pour écrire le haïku de fin afin de favoriser une acte de transformation au sein de la séance. Les propositions étaient très intéressantes : passage du désert à la vie malgré l'incertitude, expression du besoin de douceur et de lumière malgré le chagrin et la tristesse. La consigne d'écriture est là pour engager le patient sur le chemin d'une pensée nouvelle... et transformatrice.

  • L’art de créer des consignes d’écriture pour faire levier

    Pourquoi la consigne d’écriture est au cœur du processus thérapeutique ? Une idée reçue : l’importance des retours sur les textes On pense souvent que l’essentiel d’une séance d’écriture thérapeutique réside dans les retours faits sur les textes produits. Les échanges, les partages et les interprétations seraient alors les seuls moments clés du travail. Or, cette vision occulte un élément fondamental : ce qui met le processus en mouvement se joue bien avant l’écriture elle-même. La consigne d’écriture comme levier thérapeutique Le véritable levier de l’écriture n’est pas tant dans le commentaire des textes que dans la prescription de la consigne . C’est elle qui ouvre un espace, oriente l’attention, autorise ou contraint, sécurise ou bouscule. Une consigne bien pensée, clairement exprimée, permet au patient, à l’écrivant ou au participant d’entrer dans l’écriture avec justesse, là où il en est, sans se sentir exposé ou perdu. Pour mettre en mouvement quelque chose chez une personne, il est essentiel de réfléchir finement à ce que l’on propose d’écrire. Créer des consignes : un art à part entier Créer, imaginer et concevoir des consignes d’écriture est tout un art. Cela suppose de comprendre les mécanismes à l’œuvre dans l’écriture, les enjeux émotionnels et symboliques, mais aussi les résistances possibles. Une consigne n’est jamais neutre : elle agit comme un déclencheur, un cadre, parfois même comme un contenant. Explorer les grandes familles de consignes d’écriture Il existe de grandes familles de consignes d’écriture, chacune répondant à des objectifs et à des publics différents. Déclencheurs, outils, supports, contraintes, méthodes, reprise et transformation des textes : autant de dimensions à explorer pour accompagner au mieux les publics dans une démarche de médiation par l’écriture. Comprendre ces familles de consignes, leurs enjeux et leurs effets permet d’enrichir sa pratique et d’ajuster ses propositions avec finesse. Une formation dédiée : transmettre cet art C’est avec beaucoup de joie que je propose la première édition de la formation « L’art de créer des consignes d’écriture » . Cette formation s’adresse à toutes celles et ceux qui souhaitent approfondir leur pratique et développer des consignes adaptées à leurs contextes d’accompagnement. Vous repartirez avec des outils Le jeu de la matrice pour créer 40 consignes pour votre public Le guide du déroulé d’une séance complète (avec un retour sur votre proposition) Les fiches récaps : indications / contre-indications par famille de consignes

  • Thérapie existentielle et angoisse de mort

    Thérapie existentielle, un ouvrage de Irvin Yalom « Cet ouvrage traite de quatre de ces enjeux ultimes : la mort, la liberté, l’isolement fondamentale et l’absence de sens ». Les angoisses de mort dans la thérapie existentielle Dans un style toujours limpide et extrêmement référencé, Irvin Yalom nous invite à réfléchir sur la vie, la mort et l’angoisse. Les deux chapitres : - Le concept de mort chez les enfants ainsi que - Mort et psychothérapie sont absolument passionnant. Je terminerai avec cette citation de Don Quichotte cité dans le livre : « Que préférez-vous, la folie du sage ou la sagesse du fou ?

  • Nouvelle formation écriture thérapeutique

    Une formation en écriture thérapeutique pour penser et concevoir des consignes Et si vous enrichissiez votre pratique grâce au pouvoir thérapeutique de l’écriture ? Véritable voie d’accès à l’inconscient, l’écriture thérapeutique peut permettre d’apaiser, libérer, parfois même transformer, la souffrance psychique. Mais pour qu’une consigne devienne un véritable levier de transformation, elle doit être pensée avec justesse : ajustée, sensible, construite avec une connaissance précise de ce qu’elle mobilise intérieurement. C’est tout l’objet de cette formation : apprendre à concevoir des consignes d’écriture conçues pour mettre en mouvement, adaptées à chaque personne, chaque séance, chaque contexte. À TRAVERS TROIS MASTERCLASS COMPLÉMENTAIRES, VOUS APPRENDREZ À : Concevoir des consignes ajustées aux besoins de votre public. Comprendre les mécanismes mobilisés par chaque type de consigne. Utiliser différents types de propositions pour soutenir l’expression, les métaphores, la reliance, l'introspection. Travailler in materia. Construire vos propres consignes avec méthode. Renouveler vos ateliers et séances grâce à des jeux d’écriture.

  • Écrire avec l’eau : retrouver la fluidité du geste d’écrire

    Écrire créative : l’eau pour retrouver la fluidité Dans sa série philosophique consacrée aux quatre éléments, Gaston Bachelard explore la manière dont la matière du monde façonne notre imaginaire. En relisant ces textes, j’ai eu envie de reprendre le fil de ses intuitions pour interroger la pratique de l’écriture créative. La série Écrire avec les éléments qui parait dans le magazine La Machine à Écrire propose ainsi une traversée symbolique de l’acte d’écrire à travers la terre, l’eau, le feu et l’air. Chaque élément éclaire une dimension essentielle du geste créatif : l’ancrage, la fluidité, l’intensité et le souffle. Ce deuxième volet, qui vient de paraitre, est consacré à l’eau, élément du mouvement, de la rêverie et de la transformation. L’eau, une invitation à recevoir plutôt qu’à fabriquer Pour Bachelard, rêver n’est pas fuir le réel, mais entrer en résonance avec lui. L’écriture ne naît pas seulement de l’intellect, mais de l’expérience : une lumière, une odeur, un paysage, un mouvement. Écrire avec l’eau, c’est accepter de recevoir les images plutôt que de les forcer, et faire confiance à ce qui émerge de la matière du monde. Retrouver une écriture fluide, sans crispation À l’image de l’eau, l’écriture créative gagne en justesse lorsqu’elle cesse de se raidir. La fluidité ne s’oppose pas à la rigueur, mais à la crispation. Elle invite à observer comment les phrases coulent, hésitent ou débordent, avant tout travail de réécriture. Penser l’écriture comme un mouvement permet de respecter le rythme intérieur de la pensée et du souffle. Suivre son courant intérieur Écrire suppose une alternance entre tension et relâchement, inspiration et lâcher-prise. La respiration devient alors un repère essentiel, reliant le corps à la langue. Trouver sa fluidité d’écriture, c’est trouver son propre courant, sans résistance inutile. Laisser l’eau nettoyer le texte L’eau n’efface pas : elle allège, polit, clarifie. En écriture, elle évoque le travail de reprise qui déleste le texte du trop-plein pour en retrouver la limpidité. Écrire avec l’eau, c’est accepter de recommencer, de laisser couler pour mieux écrire. Un article avec des consignes d'écriture à retrouver ici

  • Où vont les mots que l’on n’a jamais pu adresser ?

    Écriture thérapeutique dans un bureau de poste au Japon Cet article, publié dans So Good , m’a permis de découvrir un lieu étonnant : le Missing Post Office , au Japon. Le missing Post Office : écrire des lettres à nos disparus Le missing post office au Japon est un bureau de poste pas comme les autres, où l’on écrit aux absents — aux morts, aux disparus, aux amours qui n’existent plus. Dans cet article passionnant à retrouver dans So Good , j'explore la dimension thérapeutique de l’écriture, en particulier autour de ce que signifie “adresser” une parole, même sans réponse. Découvrez un reportage qui parle de deuil, de mémoire, de temps, et de la force des mots quand ils trouvent un endroit où se déposer.

  • Une séance d’écriture thérapeutique pour apaiser l’anxiété

    Utiliser l'écriture thérapeutique pour réduire l'anxiété Vous êtes plusieurs à m'avoir demandé une séance d'écriture thérapeutique complète pour apaiser l'anxiété . Voici une séance, telle que je pourrais vous la proposer au cabinet, même si quand vous êtes avec moi je l'adapte sur mesure pour vous — fonction de votre histoire, de votre demande, de vos symptômes, de notre travail ensemble. Suivez les étapes en prenant votre temps. Matériel nécessaire pour  la séance d'écriture thérapeutique Trois feuilles blanches, un stylo, des feutres ou des crayons de couleur. Déroulé de la séance d'écriture thérapeutique Je vous propose de démarrer la séance par rituel d’écriture que vous pourrez refaire pendant une semaine. Ce rituel permet de mettre en lumière les différentes tensions en soi, mais aussi d’identifier les parts de soi en souffrance, et celles offrant des ressources.  Le rituel d’écriture pour commencer Compléter les phrases suivante : Aujourd'hui, Mon cœur me dit…. Ma tête me dit…. Mon corps me dit… Puis, relisez-vous. Observez les tensions. Sont-elles partout présentes ? Observez également les ressources, la bienveillance, y-en-t-il ? Qui les exprime ? Suite de la séance d'écriture thérapeutique Choisissez d’explorer l’un de ces trois espaces : le cœur, la tête ou le corps.  Selon votre choix, dessinez un cœur ou bien une silhouette de votre corps ou bien un tracé qui représente votre tête.  À l’aide de feutres ou de crayons de couleur, coloriez sur votre schéma : toutes les émotions et les sensations. Légendez votre dessin.  Quand cela est terminé, donnez un titre à votre visuel. Puis, prenez le temps d'écrire un message de réconfort adressé à votre tête, votre coeur ou votre corps (selon votre choix). Cette étape est importante. Offrez-vous un temps pour cela. Fin de la séance d'écriture thérapeutique Nous arrivons à la fin de la séance. Je vous propose de terminer par une liste : La couleur qui m’apaise : Le lieu qui m’apaise : La musique qui m’apaise : Une personne qui m’apaise : Un objet qui m’apaise : Une odeur qui m’apaise : Un plat qui m’apaise : Un souvenir d'enfance qui m'apaise : Pour poursuivre, peut-être dans les jours qui viennent, reprenez un à un les éléments de votre liste et écrivez un texte pour chaque proposition. Il y a bien des choses que l'on peut faire pour réduire l'anxiété avec l'écriture, mais pour aller plus loin, il faudrait que je vous rencontre ! Alors, peut-être à bientôt !

  • La liste poétique comme consigne d'écriture thérapeutique

    La liste poétique : un outil que j’utilise régulièrement pour faire écrire en atelier La liste poétique ouvre grand la porte à l’imaginaire, au retour à soi, à une exploration sensible et une réflexion imagée. Elle a ce pouvoir de s'inspirer du réel pour mieux accueillir l’intime et structurer la pensée tout en laissant jaillir l’émotion. Je sais, cela fait beaucoup ! ✨ Vertus de la liste poétique comme consigne d'écriture thérapeutique ✨ Contenante : elle libère de la peur de la page blanche Subtil : elle valorise le détail, le sensoriel, la singularité du vécu Sensible : elle valorise l’authenticité plutôt que la performance Créative : elle ouvre un espace ludique, accessible à tous Transformatrice : elle ouvre aux métaphores et à la poésie du quotidien Pour explorer cette forme, je vous recommande quatre ouvrages qui m’on beaucoup inspirée pour créer mes propres listes : 📚 Vertige de la liste – Umberto Eco Une réflexion sur le pouvoir des listes, entre mémoire, imagination et vertige de l’infini. 📚 Notes de chevet – Sei Shōnagon L'œuvre d’une poétesse japonaise du XIᵉ siècle composée… de 162 listes ! Un regard poétique, précis, parfois drôle, sur le quotidien et le sensible. 📚 Ma vie en mots – Flavia Mazelin Salvi Un livre qui invite à cartographier son existence sous forme de listes : mots, moments, objets, lieux qui deviennent matière à écrire. 📚 Au bonheur des listes – Shauna Niequist Une célébration des petites choses, de la gratitude et de la présence, à travers des listes qui deviennent miroirs de soi. Chaque liste peut ouvrir sur un poème, un début de récit, un portrait. C’est à vous !

  • Accompagnement du deuil

    Atelier Ardoise accompagnement du deuil Le ring des émotions Le thème de la boxe a permis aux participantes de l’atelier empreintes Ardoise d'écrire des mots coup-poings qu’elles n’auraient jamais osé dire ou prononcer. Langage cru, froid, direct, déposé sur le sac de frappe dessiné. Le combat imaginaire des opposés Joie / Peur Tristesse / Rage Chair / Spirituel Coup / Douceur A donné des textes énergiques et puissants. Pour terminer, la combativité de chacune s’est exprimée à travers les mots de Ronda Rousey. « Le ring des émotions » c’était hier soir, chez empreintes accompagnement du deuil.

  • Écriture thérapeutique, la nécessité d'être accompagné

    Un interview sur ma pratique de l'écriture de l'écriture thérapeutique Paru dans le hors série du magazine La machine à écrire. Dans son cabinet parisien, Emmanuelle Jay reçoit ses patients pour des séances individuelles de thérapie par l'écriture. Sa pratique mêle psychanalyse et art- thérapie pour révéler les mécanismes inconscients, et s'appuie sur la créativité etla poésie qui émerge, grâce à des consignes d'écriture personnalisées. Dans son livre L'Écriture thérapeutique, aux éditions Érès, elle détaille comment l'écriture peut surprendre, bouleverser ettransformer la souffrance psychique chez les patients. Les personnes qui vous consultent écrivent-elles déjà ? Pourquoi s’orientent-elles vers cette thérapie ? Les raisons qui conduisent mes patients à entamer une thérapie par l’écriture sont multiples. Certaines personnes viennent parce qu’elles aiment déjà écrire : elles ont découvert, parfois seules, que l’écriture les aide à mieux se comprendre et à exprimer leurs émotions. L’idée de croiser cette pratique avec un cadre thérapeutique éveille alors leur curiosité. D’autres, qui écrivaient enfant, y voient l’occasion de renouer avec une langue intérieure trop longtemps mise de côté. À l’inverse, certaines n’ont jamais eu de pratique d’écriture, mais sont attirées par la perspective d’explorer un nouveau mode d’expression. Car après un long parcours thérapeutique centré sur la parole, l’écriture offre en effet d’autres chemins d’exploration de soi. Quant aux problématiques psychiques rencontrées, elles sont diverses : deuil, dépression, hypersensibilité, burnout, trauma, addiction. Thérapie en groupe ou en séance individuelle, quelle différence ? La différence est assez importante. En individuel, l’espace est plus intime. Le patient peut explorer et se raconter sans se sentir regardé par le groupe. Les consignes sont pensées sur mesure pour lui et un dialogue s’installe assez rapidement entre le patient, la thérapeute et les écrits. L’écoute est ajustée à chaque personne dans le cabinet. Dans un dispositif groupal, la dynamique de partage est très puissante. Les textes écrits par les participants vont offrir un miroir collectif et la possibilité d’entrer en résonnance : chacun peut s’entendre, se reconnaitre ou se confronter à la parole d’un autre. Se relire face aux groupes décuplent les effets de reliance à soi, aux autres, à ses émotions. Dans les deux cas, l’écriture thérapeutique offre un espace où le sujet peut faire l’expérience de son inconscient autrement que par la parole seule. L’écriture permet des glissements, des associations, des métaphores qui parfois surprennent — et cela peut débloquer, transformer la souffrance, conduire à accepter et mettre en lien les différentes parts de soi. Votre pratique se situe à la croisée de l’art-thérapie de médiation par l’écriture et de la psychanalyse. Comment en êtes-vous venue à mêler ces deux disciplines ?  L’art-thérapie est généralement associée à des pratiques non verbales : formes, couleurs, dessins, peintures, collages… Avec l’écriture, les mots sont présents, mais je me suis toujours demandé comment les écouter autrement. Et si les mots pouvaient être considérés comme une matière, comme des pierres à soulever qui cachent souvenirs, impressions, sous-entendus ? Cette interrogation sur l’écoute — qu’est-ce que j’entends dans le texte du patient ? — m’a rapidement conduite vers le travail onirique. J’ai alors fait le parallèle avec l’écoute psychanalytique du rêve : et si elle pouvait devenir une clé de lecture des textes produits en séance ? C’est ainsi que je me suis plongée dans les travaux de Freud sur le rêve, pour comprendre comment « décoder » l’écriture produite en séance et mettre au travail les expressions de l’inconscient qui s’y dévoilent. Vous écrivez que l’écriture de soi fait du bien, l’écriture thérapeutique soigne, transforme ? Pouvez-vous nous expliquer la différence entre ces deux pratiques ?  L’écriture de soi est une pratique que l’on peut mener seul, en dehors de tout cadre thérapeutique. L’écriture thérapeutique, elle, suppose un accompagnement par un professionnel formé : c’est principalement la relation qui fait la différence. Elle ouvre la possibilité d’une écoute analytique, d’un transfert, d’interprétations — autant de dimensions absentes dans la pratique de l’écriture de soi. Autre distinction essentielle : l’écriture de soi est directe, presque frontale. On y raconte ses émotions, ses souvenirs, dans une logique d’introspection et de témoignage. L’écriture thérapeutique, au contraire, sollicite le symbolique et la création : elle avance par détour, par métaphore, par déplacement. Elle mobilise l’imaginaire et, justement, s’écrit rarement de façon frontale. L’écriture thérapeutique restaure la capacité de jouer, de rêver, de penser, elle offre consolation et prises de consciences soutenues et encouragées par la relation thérapeutique. En séance, certaines personnes ont-elles du mal à écrire ? Peur de ce qui pourrait surgir ?   J’ai plutôt constaté l’inverse ! Des personnes qui ont du mal-à-dire (mal-adie), mais qui vont pouvoir écrire (é-cri-re). Car l’écriture a cette particularité d’opérer en douceur : elle contient, structure, encadre, respecte le rythme de la pensée, borde les émotions. J’ai plutôt observé que l’écriture permet de mettre en mots des choses qui n’auraient jamais pu se dire. Je cite dans le livre la lettre qu’une patiente a adressée à sa propre écriture : « Grâce à toi, je me sens libre d’écrire ce que je veux, car je n’ai plus peur de mettre des mots sur ce que j’ai vécu. » Cela illustre combien l’écriture, loin de faire surgir brutalement l’indicible, crée un espace de sécurité où l’inconscient peut se dire autrement — et parfois pour la première fois. Comment l’écriture thérapeutique favorise-t-elle la levée de la censure ?  Justement, l’écriture thérapeutique n’est pas une écriture libre sans cadre : ce sont souvent les contraintes poétiques (métriques, stylistiques ou formelles)  qui permettent de lever la censure.J’explore longuement cette question dans le livre, à travers des exemples concrets de séances. Mais vous pouvez déjà sentir de la différence entre deux propositions d’écriture (l’une très libre et l’autre plus contraignante). 1- racontez un souvenir d’enfance. 1 bis – racontez un souvenir d’enfance en lien avec la couleur rouge, en utilisant le pronom « il » ou « elle ». La narration doit se faire au présent. Votre texte commencera et terminera par le même mot ou groupe de mots. Dans la deuxième proposition, la contrainte thématique oriente, la contrainte grammaticale replace le passé au présent, et la contrainte formelle force le système qu’est le langage à sortir de son fonctionnement habituel. Vous dites que plus la contrainte est forte, plus l’écrit est fécond. Comment cela se fait-il ? C’est un paradoxe : plus on encadre l’écriture, plus elle se libère. La contrainte agit comme un appui : elle canalise l’angoisse de la page blanche et ouvre un espace de jeu. C’est souvent dans ce cadre précis que surgissent des images, des souvenirs ou des associations inattendues. Je vous donne un exemple : je présente à un patient plusieurs images, il en choisit une où l’on voit un oiseau perché sur un petit bol. Je lui propose d’écrire le monologue intérieur de cet oiseau. En lisant son texte, il explique qu’il a choisi cette image parce qu’elle évoquait les bols de ses grands-parents, qu’il observait enfant chez sa grand-mère. En écoutant ensemble le monologue de l’oiseau, ce texte devient alors la voix de l’enfant qu’il était. Les associations se déploient.Comme pour les rêves, il n’existe jamais une seule interprétation d’un écrit : les éléments sont souvent condensés, superposés, et c’est dans ces multiples lectures que le travail thérapeutique prend toute sa richesse. Quel est le rôle de la poésie dans votre façon de travailler avec les patients ?  La poésie joue un rôle essentiel, presque fondamental, dans ma pratique. Je m’inspire du travail des poètes pour élaborer des consignes d’écriture. La poésie ouvre un espace de création où l’on peut jouer avec la langue, inventer des mots, façonner des images, explorer des métaphores.J’aime particulièrement cette phrase de Gaston Bachelard : « On veut toujours que l’imagination soit la faculté de former des images. Or elle est plutôt la faculté de déformer des images fournies par la perception, elle est surtout la faculté de nous libérer des images premières, de changer les images. »Elle illustre parfaitement la puissance transformatrice de l’imaginaire et de la poésie dans le travail thérapeutique. Que se passe-t-il lors de la lecture face au thérapeute ? La personne est-elle tenue de lire sa production ? Aucun patient n’a jamais refusé de lire sa production. Le cadre, suffisamment bienveillant et sécurisant, rend possible la lecture même des textes les plus intimes. Bien sûr, l’émotion peut surgir au moment de la lecture, parfois même l’interrompre brièvement. C’est d’ailleurs souvent une surprise pour le patient : l’émotion n’était pas là à l’écriture, mais elle se révèle en entendant ses propres mots. Lire devant un autre ouvre un espace inédit : les mots, résonnant à voix haute, livrent un sens nouveau, plus métaphorique, qui était resté caché dans l’écriture. Quels sont les points communs entre l’écriture et le rêve ? L’écriture, comme le rêve, ouvre des portes sur l’inconscient. Tous deux jouent avec les détours, les métaphores, les glissements de sens. On croit raconter une histoire, et c’est l’inconscient qui parle à travers elle. Les récits explorent des scènes où plusieurs sens se superposent. Le langage transforme : il condense, déplace, crée des images et des métaphores. Écriture et rêve ont ceci de commun qu’ils déjouent la logique habituelle. Comme dans un rêve, un écrit peut sembler anodin en surface et pourtant révéler, à l’écoute, une tout autre profondeur. Dans le cadre d’une psychothérapie/cure, que peut l’écriture que la parole ne peut ? Dans le cadre d’une cure, l’écriture se fait, dans un premier temps, en silence et en présence d’un autre garant du temps et du cadre. Le patient se connecte à son intériorité et prend le temps de choisir ses mots. Il peut rayer, barrer, supprimer, modifier avant de livrer la version finale de son texte. Là où une pensée pourrait devenir ruminante, l’écriture oriente naturellement vers un développement. Lorsque l’on écrit, chaque phrase appelle la suivante, et la pensée se sculpte peu à peu en une forme nouvelle — c’est ce que je nomme la libre association scripturale. Ensuite, l’écriture thérapeutique sollicite davantage l’imaginaire. Les supports proposés — images, objets, fragments poétiques — stimulent la créativité et amènent des détours, des métaphores, des symboles que la parole spontanée ne convoque pas forcément. Enfin, l’écriture comporte un temps d’après-coup : la relecture. Relire, c’est se relier. On entend alors ses propres mots autrement, on y découvre de nouvelles résonances, et souvent un sens plus profond surgit dans la présence silencieuse du thérapeute. Télécharger l'article

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