Un atelier boxe et écriture
- Emmanuelle Jay
- 3 juil. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 16 sept. 2025
Découvrez l'atelier boxe et poésie !
Dernier atelier de la saison ! En extérieur, avec les corneilles et la vue sur le lac.
Écrire et boxer.... boxer et écrire... pour mettre le corps en mouvement et retrouver la confiance.
Se rencontrer et rencontrer l'autre.
Écrire et boxer… boxer et écrire : le mouvement du corps pour retrouver la confiance
Écrire et boxer. Deux gestes qui paraissent éloignés, presque contradictoires : d’un côté, l’intériorité silencieuse du mot ; de l’autre, l’explosion physique du coup. Pourtant, mis en dialogue, ils ouvrent un même chemin : celui du mouvement, de la confiance retrouvée, de la rencontre avec soi et avec l’autre.
Le corps en mouvement
Boxer, c’est mettre son corps en action, réveiller la force qui sommeille, sentir la pulsation vitale circuler à travers les muscles et le souffle. Le ring, même symbolique, devient un espace d’expérimentation où l’on explore ses réflexes, ses défenses, sa puissance. Écrire, à sa manière, est aussi un geste corporel : la main qui trace, le rythme qui s’installe, la pensée qui se dépose sur la page comme un pas posé au sol. Dans les deux cas, il s’agit de sortir de l’immobilité, de rompre le gel des peurs ou des doutes.
Quand le corps bouge, l’esprit suit. Le mouvement de boxer prépare le mouvement d’écrire. L’un active l’énergie brute, l’autre l’oriente vers une élaboration symbolique. Ensemble, ils forment un cycle qui reconnecte la personne à sa vitalité profonde.
Retrouver la confiance
La confiance ne se décrète pas : elle se reconquiert pas à pas, geste après geste. Dans la boxe, chaque coup porté ou esquivé devient une preuve tangible de sa capacité à agir, à résister, à affirmer sa place. Dans l’écriture, chaque mot posé brise le silence intérieur et démontre que la parole est possible, même lorsqu’elle semblait perdue.
Cette alternance entre boxe et écriture crée une dynamique de renforcement. L’énergie libérée dans le combat symbolique se dépose ensuite dans les mots, qui à leur tour redonnent sens et cohérence à ce qui a été éprouvé physiquement. La confiance grandit alors dans cette double expérience : confiance en son corps, confiance en sa voix, confiance dans le fait que l’on peut créer et transformer.
Se rencontrer soi-même
Boxer et écrire sont deux voies pour se rencontrer soi-même. Le ring agit comme un miroir brutal : il révèle nos peurs, nos colères, nos élans d’agressivité ou de repli. La feuille blanche, de son côté, accueille nos vérités intérieures, celles que l’on tait souvent. Dans la boxe comme dans l’écriture, il faut oser affronter ce qui surgit : la peur de l’impact, le doute devant le mot, l’intensité d’une émotion.
Cette rencontre avec soi est exigeante mais libératrice. Elle permet de mieux comprendre ses réactions, de les apprivoiser et d’accepter ses zones de fragilité autant que ses ressources cachées.
Rencontrer l’autre
Mais l’expérience ne s’arrête pas à soi. Boxer et écrire engagent toujours une relation. Face à un partenaire de boxe, on apprend à respecter l’autre, à mesurer sa force, à reconnaître une réciprocité. Dans l’écriture partagée, lire ou écouter un texte crée une rencontre d’une autre nature : intime, empathique, nourrie par la résonance des mots.
Ces deux pratiques ouvrent donc un espace de lien. Elles brisent l’isolement, permettent de sortir de soi pour rejoindre l’autre dans une expérience commune. Le coup porté appelle une réponse ; le texte lu appelle une écoute. Dans les deux cas, se tisse une relation où chacun se découvre et se reconnaît.
Écrire et boxer, boxer et écrire : loin d’être des activités opposées, elles se complètent et se nourrissent. Ensemble, elles mettent en mouvement le corps et la pensée, elles ouvrent des chemins de confiance, de rencontre et de transformation. Sur le ring comme sur la page, c’est la même énergie vitale qui cherche à s’exprimer : celle d’un être humain en quête de sens, de lien et de liberté.
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