La création littéraire et le rêve éveillé
- il y a 3 jours
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Freud, le rêve et la création littéraire

Dans son essai Le créateur littéraire et le rêve éveillé, Freud explore avec finesse les liens entre l’inconscient et le processus créatif en littérature.
Je vous propose ici un dialogue de questions.Un chemin de réflexion entre clinique, écriture et monde onirique.
Sommes-nous autorisés à comparer le poète au rêveur en plein jour ?
« Sommes-nous vraiment autorisés à comparer le poète au rêveur en plein jour et ses créations à des rêves diurnes ? »
Freud pose la question avec prudence — mais la réponse affleure : oui.
Le rêve nocturne transforme les désirs, les conflits, les tensions internes en images. L’écrivain, lui aussi, transforme une matière intérieure en récit partageable.
Alors, écrire reviendrait-il à rêver éveillé ? Créer, serait-ce produire des rêves en pleine conscience ?
Le jeu, l’enfance et la naissance de l’imaginaire
« Le poète fait comme l'enfant qui joue ; il se crée un monde imaginaire qu'il prend très au sérieux, c'est-à-dire qu'il dote de grandes quantités d'affect, tout en le distinguant nettement de la réalité. »
Freud rapproche le poète de l’enfant qui joue. Le jeu est un espace intermédiaire : ni tout à fait réalité, ni tout à fait illusion. L’imaginaire nous relie à notre enfance — au jeu, mais aussi au je. L’écrivain n’est-il pas cet enfant devenu adulte, capable d’habiter deux mondes à la fois ?
En séance, lorsque l’écriture surgit à partir d’un rêve ou d’une image intérieure, je retrouve cette qualité de jeu sérieux. Quelque chose se crée, se déploie, s’éprouve.
Le moi, héros du rêve et du roman
« C'est sa majesté le moi, héros de tous les rêves diurnes comme de tous les romans. »
Freud souligne la place centrale du moi : dans le rêve diurne comme dans la fiction, il est le protagoniste, parfois masqué, parfois idéalisé, parfois fragmenté.
Mais où est le moi dans l’écriture ? Est-il partout ? Dans chaque personnage ? Dans chaque conflit ? Dans chaque choix narratif ? Et où est l’écriture dans le rêve ? N’est-elle pas déjà présente, dans la mise en scène, dans la dramaturgie nocturne, dans la capacité de la psyché à raconter une histoire ?
Du rêve nocturne à la création consciente
Dans une perspective analytique, le rêve n’est pas seulement un message à interpréter. Il est déjà une œuvre miniature. Lorsque l’on écrit en séance, dans un cadre psychodynamique, on se découvre rapidement en état de reverie.
Le rêve ouvre une scène. L’écriture donne un espace.
Entre inconscient et création, il y a continuité.
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