Montage vidéo thérapie, un atelier thérapeutique pour les adolescent·es

Les adolescents d’aujourd’hui sont des lecteurs d’images. Qu’il s’agisse de vidéos (youtube, vlog, films, séries) ou d’images fixes (stories, mur instagram, photos échangées, et même mangas - l’art du découpage cinématographique par excellence) le flux d’images-sons que les jeunes ingurgitent quotidiennement (nourriture visuelle et sonore) n’est plus à discuter. La vidéo, les images, les sollicitations sonores alimentent nos cerveaux et ceux des jeunes générations. Notre psyché, plus que jamais, est faîte et nourrit d’images.


Regarder des images, les commenter, (se)mettre en images.

Communiquer par vidéo, écouter du son, expérimenter physiquement le rythme.

Jouer, échanger, (se)raconter avec un nouveau langage.


Voilà plusieurs choses que les adolescents font, et voilà également plusieurs enjeux de l’art du montage que j’ai pratiqué, enseigné et théorisé pendant 15 ans. Un constat qui m’a amené à me demander :


Qu’est-ce que le montage vidéo, en tant que médiation artistique, peut apporter, au-delà d’apparaître comme une médiation séduisante pour des jeunes ?



Ce qui est particulièrement intéressant dans le montage, c’est qu’il s’agit d’une pratique qui utilise un matériau. Ce matériau, je le choisis, je le propose, mais ce sont les jeunes qui l’interprètent pour lui donner une forme. Le montage va s’élaborer dans le travail du matériau-images, du matérieu-son.


Pour monter, il faut d’abord se laisser toucher par les images et avoir confiance dans ce qui nous vient. On va laisser parler son intuition et utiliser la résonnance. Ensuite, on va pouvoir regarder les liens, les connexions, les assemblages qui semblent possibles.


L’atelier de montage-vidéo thérapeutique, tel que je le conçois, n’a pas pour but de présenter un film. Il a pour but d’expérimenter et de comprendre comment fonctionne le travail montage pour faire aboutir une version personnelle, une vision singulière, pour faire ce que j’appelle : une proposition. Cette proposition prend la forme d’un geste de montage qui cherche non pas à objectiver l’objet mais à l’atteindre par le biais de sa subjectivité.


Le jeune monteur va s’exprimer par la forme qu’il va créer (et qui sera unique), par le rythme de son montage, par le choix des plans et de leur durée, par l’habillage (textes, titres), et éventuellement en posant une voix off. Il va se projeter dans les rushes, façonner le montage, qui lui-même reflètera sa personnalité.



Le montage est aussi une pratique – un art – où l’on peut essayer, se tromper, chercher, recommencer. Avec les outils numériques, les étapes de fabrication que sont les versions, les annulations, les modifications, les essais, les repentirs etc., disparaissent. Ne reste que la forme finale, comme si elle avait toujours été pensée de la sorte. Fluide, en place, « naturelle », sans trace apparente de son processus d’écriture. Pourtant, la structure d’un montage ne peut exister que par une série d’épreuves et de mouvements qui sont tout autant de gestes à accompagner et qui font « parler ». Car c’est une pratique de l’éprouvé : « ça marche » ou « ça ne marche pas », « ça fait sens » ou « ça ne fait pas sens », « c’est le bon rythme » ou « c’est mieux comme ça ». Tout se discute, s’experimente et se mesure.



Cet atelier thrépeutique d’écriture audio-visuelle - ou de collage animé - peut se proposer en individuel ou en groupe. Il a pour but de permettre au jeune de s’approprier (ou de se ré-approprier) son histoire, de découvrir son fonctionnement psychique (ses freins, ses difficultés, ses forces), et de mieux comprendre le monde en questionnant son rapport à la fiction, en développant sa confiance en soi et en s’affirmant grâce au langage audio-visuel dans ce qu’il propose de « faire lien », de « prendre appui » ou de « laisser de côté », de « séparer ». Cet atelier permet de composer avec une matière première que l’on peut couper, coller, déformer, transformer, en effectuant des « gestes de montage » jusqu’à obtention d’une œuvre métaphorique dont le cheminement du processus d’élaboration est utile pour une visée thérapeutique et analytique.



Les ateliers ont lieu à mon cabinet 13 allée Arnaud Beltrame dans le 3ème arrondissement de Paris sur une station de montage professionnelle.